Introduction à la MAO sous Linux

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Rédigé par P3ter - - 5 commentaires

Que se soit seul ou en groupe il est important de s'enregistrer et ce que je vous propose aujourd’hui c'est une introduction aux joies de la MAO (Musique Assistée par Ordinateur) sous Linux. Oui, Tux sait jouer les ingénieurs du son et la MAO n'est pas seulement réservée aux MAC.


J'ai commencé la MAO il y a deux ans, d'abord sous Windows et depuis peu sous Linux. Je vais principalement parler de guitare dans mes exemples mais les principes de bases sont les mêmes pour enregistrer n'importe quel instrument. Ma configuration pour enregistrer la guitare est la suivante : j'utilise un micro Shure SM57 pour capturer le son de mon baffle, je passe par une table de mixage (qui sert pour les retours en répétition), puis de la table j'arrive sur une carte PCI M-Audio Delta Audiophile 2496 et le tout ressort sur des hauts parleurs 8" ESI NEAR08 Classic.

Il est bien sûr possible de relier le(s) micro(s) directement à la carte PCI, mais une table de mixage vous permettra de d'obtenir des résultats plus proches de ceux espérés grâce, par exemple, au réglage du gain. La M-Audio Audiophile 2496 est un excellent compromis entre qualité semi-pro et prix (disponible pour 88€ sur Thomann). De plus elle est parfaitement reconnu et fonctionnelle sous Linux.

 

 

Quel distribution Linux pour de la MAO ?


Théoriquement vous pouvez utiliser n'importe quelle distribution, il suffit ensuite d'installer les paquets qui vont bien. Afin de vous faire gagner du temps, je vous conseiller d'installer Ubuntu Studio 12.04. Il s'agit d'une version d'Ubuntu maintenue par Canonical et adaptée pour l'audiovisuel. Au démarrage, vous arriverez sur un environnement XFCE4 avec toutes les applications nécessaires à la MAO (en autre...). J'ai choisi d'installer la version 32bits pour la seule raison que j'ai besoin de GuitarPro (voir mon article à ce sujet).

Une particularité de cette distribution, c'est le noyau qui est une version lowlatence. Il s'agit d'une version modifiée du noyau Linux, qui est optimisé pour le traitement de l'audio. Le système d'exploitation donne la priorité aux programmes qui traitent le son, ce qui est très important, par exemple, lorsqu'on enregistre pour éviter des coupures ou décalage de rythme, ou par exemple, pour éviter les décalages entre la prise de son et la sortie sur les monitorings.

Attention : si vous souhaitez utiliser les drivers NVIDIA propriétaires il faut installer, au préalable, le paquet : linux-headers-rt afin que le module NVIDIA soit correctement compilé pour le noyau lowlatence.

Si ça n'a pas été fait, commencez par une mise à jour du système

 

 

sudo aptitude update
sudo aptitude dist-upgrade

Enfin vérifiez que votre carte PCI est bien reconnue grâce à la commande lspci. Si vous utilisez un périphérique externe via un port USB utilisez lsusb.

Puis pour configurer les volumes de votre périphérique utilisez la commande alsamixer. Pour ma part tous les volumes étaient à zéro, il faut d'abord faire F6 pour choisir votre périphérique et ensuite monter les volumes DAC.

p3ter.fr intro MAO

Maintenant rendez-vous via le menu dans le panneau de configuration de PulseAudio (le serveur de son par défaut) pour lui dire d'utiliser votre carte PCI. Vous pourrez alors régler les volumes principaux.

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Faites des tests en parallèle avec Audacious ou Spotify pour régler vos volumes.

Nous sommes maintenant prêt pour rentrer dans le vif du sujet !
 

JACK, un serveur audio conçu pour la MAO


Comment fonctionne la chaîne du son sous Ubuntu ? Pour faire simple, il y a d'abord ALSA, le pilote audio. C'est lui qui va communiquer avec votre carte son. Ensuite il y a le serveur de sons, par défaut sous Ubuntu c'est PulseAudio. C'est lui qui va dialoguer avec les applications puis avec le pilote pour restituer le son sur les enceintes. Dans le cadre d'un enregistrement, ALSA transmet le son à PulseAudio qui le transmet aux applications.

Dans le cadre des applications de MAO que nous verront plus bas, il est nécessaire de faire du "routage" du son. Par exemple pour un enregistrement simple il faut une chaîne de ce type : séquenceur (enregistreur) -> rack d'effet -> séquenceur (mixage) -> mastering -> enceintes. C'est le même principe que des câbles branchés entre plusieurs modules hardwares.

PulseAudio ne sait pas gérer ce type de contrainte. Nous utiliseront un autre serveur de son : JACK, qui à aussi l'avantage d'utiliser pleinement les fonctions lowlatence du noyau.

En dehors de l'enregistrent, du mixage ou du mastering j'utilise tout de même PulseAudio pour les applications du type Spotify ou GuitarPro (comme je montre plus haut).

JACK bénéficie d'une interface graphique : QJackCtl, accessible depuis le menu des applications.

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Remarque : Par défaut, le module JACK pour PulseAudio est installé, ce qui vous permet d'utiliser les deux serveurs en même temps. Sans ce module, lorsque vous lancez le serveur JACK, PulseAudio est alors bloqué et les applications l'utilisant n'émettent plus de son.

Afin de faire le chaînage du son vous pouvez cliquer sur "Brassage" ou bien utiliser l'application "Patchage" qui offre une interface beaucoup plus sympas. Heureusement JACK sait gérer automatique le chaînage et pour faire vos premiers tests vous n'aurez pas trop besoin d'y toucher. Je reviendrai sur ce point dans les prochains articles.

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On voit bien ici comment JACK et PulseAudio communiques ("system" étant géré par le serveur JACK). Ci-dessous un autre chaînage un peu plus complexe, avec l'ajout du séquenceur Ardour. Le chaînage est ici généré automatiquement.

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Séquençage, mixage, marstering tout y est.


Je vous présente rapidement quelques outils de MAO, ils sont tous installés par défaut.

Ardour : enregistrement, séquençage et mixage

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Hydrogen : batterie virtualisée

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JackRack : composer un rack d'effet (chorus, reverb, EQ, compresseur, phaser, etc)

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Rackarrack : un autre outil pour les effets

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Guitarix : encore un outil pour créer un rack d'effets, mais plutôt destiné aux guitares. Il intègre aussi plusieurs simulations d'amplis.

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Jasmin : un outil dédié au mastering

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Enfin, il y a aussi LV2rack qui permet d'utiliser des plugins audio au format libre LV2 (LADSPA version 2).


Je commence à peine à découvrir tout ça et vous ferais part de mes expériences au fur et à mesure. Si vous êtes familier avec Ubuntu Studio et la MAO sous GNU/Linux, n'hésitez pas à venir partager vos expériences, je suis preneur de toute bonne idée, découverte ou astuces.

LinuxMAO : un site très complet sur la MAO avec Linux

 

 

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Quelle est la cinquième lettre du mot hibydr ?

#1  - tamara a dit :

Cet article est passionnant et je viens d'ailleurs le partager à une amie qui semble être d'accord avec vous et je suis sûre qu'elle m'en sera reconnaissante. Merci pour cet article et le temps pour mettre en commun ces opinions. Je serais enchantée de pouvoir vous lire sur ce thème dans le futur. Cela m'est très agréable ! Merci 1000 fois !

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#2  - benladread a dit :

Et pour les pro? quelles sont les logiciels utilisable sur linux?
est on obliger de rester sur windows ou mac?
Pyramix?
pro tools?
Nendo?
Logic pro?

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#3  - Pedro CADETE a dit :

@benladread : Salut ! En simple amateur, les outils que je présente ici, me suffisent amplement. Je ne saurais pas dire ce qu'ils ont de moins que des "outils pro". S'il n'existe pas une version Linux des outils que vous listés, alors il est peut-être possible de les faire fonctionner sous Wine, mais cette solution n'est pas satisfaisante, à mon goût. Enfin, il n'est pas seulement question de MAO sous Linux, mais aussi d'utiliser des logiciels libres. Il existe des studios pro qui utilisent uniquement ces logiciels.

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#4  - fabien a dit :

passionnant merci

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#5  - artorix a dit :

salut :)
très bon article, bravo et merci
me permet de signaler (pour ceux qui n'aiment pas Ubuntu) qu'il en existe d'autres basées sur Linux, la dernière en date est française et possède de nombreux avantages : base Debian stable, bureau léger, noyau temps réel, logiciels très récents, doc en français -et à jour...
son nom c'est LibraZik (et elle commence à beaucoup faire parler d'elle), bonne découverte, et bonne musique à tous

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